Les acariens phytophages

Il n’y a pas une espèce d’acariens, mais des espèces d’acariens. Ce ne sont pas des
insectes. Ils font partie des Arachnides comme les araignées. Par rapport aux insectes, ces arthropodes n’ont jamais d’ailes, le corps plus ou moins séparé en deux parties (le céphalothorax et l’abdomen) et ont normalement 4 paires de pattes, certains acariens en ont moins.
acariens pachyra
On distingue trois grands groupes d’acariens ravageurs : les tétranyques, les tarsonèmes et les phytoptes.
Il existe aussi des acariens prédateurs pouvant jouer un rôle important dans la lutte
biologique. Les acariens phytophages s’attaquent aux végétaux d’extérieur et aux plantes d’intérieur.

  • Biologie
Les acariens phytophages, se développent généralement à la face inférieure des feuilles.
Par l’intermédiaire d’un stylet, ils piquent les feuilles, injectent leur salive pour fluidifier le contenu des cellules et l’absorber plus facilement. Les cellules ainsi vidées se remplissent d’air. Les feuillages prennent un aspect plombé.
La plupart des acariens phytophages se reproduisent par l’intermédiaire d’oeufs. Ils sont pondus soit en hiver où ils résistent au froid ou en été. La quantité d’oeufs pondus par jour dépend de l’espèce et de la période. De 1 à 10 par jour. Des larves sortent et se développent sur 1 à 3 semaines selon les conditions de milieu, puis se transforment en adultes. Leur durée de vie est de 10 jours à 1 mois.
Les tétranyques tisserands ou araignées, rouges ou jaunes selon leur couleur, ressemblent à de petites araignées. Ils possèdent 4 paires de pattes et on distingue 2 petits yeux rouges à la loupe binoculaire. Les larves sont semblables aux adultes mais moins colorées. Les adultes de près d’un millimètre de long sont visibles à l’oeil nu. Ces acariens tissent souvent de fines toiles sur les feuilles et les tiges Les tarsomèmes sont des acariens de très petite taille (moins de 0,2 mm), plus ou moins transparents ou jaunâtres et qui possèdent également 4 paires de pattes dont la dernière est plus ou moins atrophiée. Ils sont quasiment invisibles à l’oeil nu. Ce sont aussi des piqueurs-videurs de cellules, mais ils ne tissent pas de toiles. Ils font surtout des dégâts sur les jeunes feuilles et les fruits.
Les phytoptes sont de très petits acariens (moins de 0,2 mm) invisibles à l’oeil nu. Généralement
de couleur jaune pâle ou brune. Ils ont seulement 2 paires de pattes. Ils ne tissent pas de toiles, mais attaquent les feuilles, les tiges, les bourgeons ou les fruits selon les espèces.

  • Symptômes et dégâts
Les piqûres de tétranyques induisent des taches de décoloration sur les feuilles (mouchetures), pouvant aboutir au dessèchement de la feuille si l’attaque est importante et provoquer des pertes de rendement. Les tarsonènes, par leurs piqûres sur les très jeunes feuilles provoquent une déformation irréversible de celles-ci. La face des feuilles devient brillante et une coloration rougeâtre ou jaunâtre apparaît. Les piqûres peuvent provoquer un blocage total des bourgeons, la plante ne se développe plus. Les phytoptes provoquent une coloration bronzée sur les feuilles, les tiges ou les fruits (agrumes). Sur feuilles de tomate, leur grand nombre finit par provoquer leur dessèchement et une perte des plants.

  • Quels soins apporter ?
La méthode culturale consiste à bassiner les plantes (les acariens ne supportent pas l’atmosphère humide.)
Le méthode biologique utilise les auxiliaires : Phytoseilulus persimilis, Amblyselus califormicus).
La méthode chimique prévoit en cas de fortes attaques, d’effectuer deux ou trois pulvérisations d'un produit adapté à ce cas portant la mention "Emploi autorisé dans les jardins", en jardinerie. Il est conseillé de bassiner la ramure des jeunes arbres au cours de l’été.
 

Les aleurodes

L’aleurode ou “mouche blanche” est un des principaux ravageurs en culture sous abri et même en plein air. Elles appartiennent à l’ordre des homoptères comme les pucerons, les cicadelles, les cochenilles. Ce sont tous des insectes piqueurs-suceurs.
Elles ressemblent à de minuscules petites mites blanches qui s’agglutinent sur l’envers des jeunes feuilles et ne volent que si elles sont dérangées.
aleurodes poinsettia 2
  • Biologie
Les adultes mesurent entre 1 et 3 mm de long. Ils ont une couleur blanche qui est due à un dépôt de cire blanche excrètée par des glandes abdominales. Leurs longues ailes hyalines sont couchées sur le corps, en forme de toit.
Les oeufs font de 0,2 à 0,25 mm. Ils sont translucides à la ponte, puis deviennent bruns violacés au cours de l’incubation. Chaque femelle peut pondre jusqu’à deux cents oeufs au cours de sa vie qui dure de trois à six
semaines. Les oeufs sont déposés en arc de cercle et reliés au limbe par un fin pédicelle.
Les larves aptères sont ovoïdes et aplaties. Il y a quatre stades larvaires. Les larves sont toujours à la face inférieure de la feuille. Les aleurodes pullulent au revers des feuilles et s’envolent dans un véritable nuage blanc dès que l’on bouge le feuillage. La présence des ces insectes entraîne l’apparition d’excréments sucrés sous la forme de miellat, de plus en plus abondant qui favorise l’apparition de fumagines. La fumagine est composée de plusieurs champignons saprophytes épiphylles qui se développent et sporulent sur substrat sucré.

  • Symptômes et dégâts
Les aleurodes sont très polyphages. Ils peuvent provoquer des dégâts importants sur de nombreuses plantes ornementales (azalée, cinéraire, calcéolaire, fuchsia, dahlia, pélargonium, primevère, hibiscus, sauge…).
Cet insecte s’attaque aussi aux arbres et aux arbustes issus de semis, élevés sous abri, ainsi que certains arbres extérieurs. Les larves aspirent de plus en plus de sève à partir du mois de juin. Les plantes attaquées sont affaiblies, leur croissance peut être arrêtée.
Les feuilles subissent diverses colorations et sont parfois marquées de points jaunes. En cas de fortes attaques, les feuilles tombent prématurément.

  • Quels soins apporter ?
La lutte contre ce ravageur se fait en grande partie de façon biologique. On utilise en serres, des hyménoptères qui vont parasiter les aleurodes comme “encarsia formosa”, qui pond des oeufs à l’intérieur des larves d’aleurode. La guêpe se nourrit d’aleurode et les larves affectées deviennent noires.
Les aleurodes n’aiment pas l’eau. On peut donc bassiner régulièrement le dessous des feuilles. La lutte chimique consiste à effectuer plusieurs pulvérisations d'un produit spécifique aux aleurodes, portant la mention "emploi autorisé dans les jardins", en jardinerie.
 

Les cochenilles

Redoutables ennemis des cultures, ces insectes de la vaste famille des homoptères étaient autrefois nommés “poux des plantes” en raison du fait, que leurs pièces buccales en rostre piqueur leur permettent d’aspirer de la sève. Ce sont des parasites qui tuent rarement leurs hôtes, mais qui peuvent poser problème en horticulture, sylviculture et dans les vergers.
COCHENILLE 2
  • Biologie
Certaines infestations d’arbres, rameaux et feuilles par des cochenilles sont en train de devenir caractéristiques des milieux urbains.
On a dénombré jusqu’à 8 000 espèces de cochenilles dans le monde.
Les oeufs de cochenille pourraient être transportés via les oiseaux, les larves par le vent. Mâles et femelles ont des morphologies très différentes. Le mâle est ailé et pourvu de longues antennes alors que les femelles sont aptères (sans ailes) et ne possèdent que des appendices réduits (Elles vivent figées dans les végétaux, sauf à l’état de nymphe).
Toutes phytophages, les cochenilles, peuvent coloniser et exploiter toutes parties des plantes hôtes : racines, tronc, rameaux, feuilles, fruits et même les zones souscorticales de ces végétaux.
Les cochenilles sécrètent une matière d’apparence cotonneuse qui est en fait constituée de fins filaments cireux ou d’écailles cireuses. La reproduction par parthogenèse est possible, avec une à quatre
générations par an, voire plus. Certaines espèces ont la réputation d’avoir une salive toxique.
Il existe plusieurs sortes de cochenilles sur les arbres (lécanines, farineuses, à carapace, floconneuse…). On trouve la cochenille du cornouiller, du pêcher, des serres, de l’olivier, la floconneuse de la vigne, la lécanine du chêne, mais aussi la cochenille des arbres fruitiers, la virgule du pommier, la noire des agrumes, la cochenille du mûrier…

  • Symptômes et dégâts
Petites et vivant dissimulées, les cochenilles sont souvent difficiles à repérer. Quelques indices les trahissent : va-et-vient de fourmis, petites gouttelettes collantes sur les feuilles, feuillage prématurément jauni, amas de sécrétions blanchâtres ou miellat qui se transforme en fumagine ou suie noire, attirant ainsi les fourmis ; elles ne bougent pas ou peu et ont tendance à former des colonies. A force de sucer la sève, elles affaiblissent et font dépérir les végétaux.
Tous les arbres, qu’ils soient fruitiers ou d’ornement peuvent être la proie des cochenilles et même les plantes d’intérieur comme les cactées et les ficus…

  • Quels soins apporter ?
Pour les arbres fruitiers ou d’ornement, il est conseillé d’effectuer des traitements d’hiver avec une huile blanche paraffinique additionnée de malathion. On peut également utiliser un produit insecticide spécifique portant la mention "Emploi autorisé dans les jardins"
Avant de traiter, nettoyer autant que possible le dessus des feuilles enduites de fumagine
avec de l’eau tiède et une éponge.
 

Les pucerons

De la famille des homoptères, les pucerons s’attaquent pratiquement à toutes les cultures. Ces ravageurs vivent en colonie, s’agglutinant en masses. Ils peuvent être noirs, verts, cendrés, jaunes. Ils sucent la sève des plantes qu’ils envahissent et l’affaiblissent. Les organes touchés sont les jeunes pousses, les tiges, les feuilles. Ils se couvrent d’un champignon noir et poisseux
Certaines espèces sont des agents vecteurs de maladies à virus ou à mycoplasme.
Nombreuses sont celles qui rejettent un liquide excrémentiel sucré ou miellat qui favorise le développement de divers champignons : les fumagines. Leur salive toxique peut provoquer des boursouflures sur les feuilles. Leur cycle est évolutif et varie selon les espèces.
PUCERONS SPIREE
  • Biologie
Parmi les pucerons ou aphides, on en recense plus de 700 espèces en France dont les plus courantes sont : le “puceron du groseillier “, le puceron lanigère (se trouve sur les pommiers), “le puceron vert du pêcher”, le “puceron noir du cerisier”, “le puceron des céréales”, “le puceron cendré du chou”, le chermès des conifères, etc.
Le puceron se plait partout : les amandiers, les légumes, les rosiers, les capucines, les dahlias… Le puceron se développe mieux en milieu sec.
Le cycle biologique du puceron est très variable d’une espèce à l’autre. Certains insectes effectuent leur cycle sur un même végétal, d’autres sur plusieurs plantes différentes.
En général, l’hivernation des adultes s’effectue sous les écorces ou dans les déchets végétaux. Certains pucerons laissent également des oeufs à l’automne précédent.
Le puceron est aussi la proie privilégiée de différents insectes : les coccinelles et les punaises qui s’en nourrissent.
L’aphidius qui est un parasite, dépose dans le corps du puceron un oeuf : la larve qui se développe à l’intérieur de l’insecte se fige telle une momie. L’aphidius peut parasiter jusqu’à 60 pucerons par jour.

  • Symptômes et dégâts
Redoutable ravageur, le puceron s’attaque à toutes les cultures, sans distinction.
Dans les vergers, les pucerons cendrés et les pucerons lanigères peuvent entraîner de graves dégâts sur les pousses et les fruits.
Ces insectes piqueurs et suceurs prélèvent d’importantes quantités de sèves sur les plantes, dont toutes les parties peuvent être colonisées (feuilles, fleurs, tiges, racines).
Les dégâts occasionnés varient selon la plante et l’espèce du puceron.
Lors d’attaques graves, on peut se trouver face à :
- Une décoloration du feuillage
- Une déformation des feuilles et des jeunes pousses qui vont se gaufrer ou s’enrouler
- Une formation de gale.
Le puceron lanifère est de couleur brune et mesure environ 2mm, recouvert d’un duvet blanc. Il vit, lui aussi, en colonies sur les rameaux et les branches. Il suce la sève, provoquant l’affaiblissement des organes atteints et la formation de boursouflures et de tumeurs à l’aspect chancreux pouvant entraîner la mort des branches. Il hiverne ensuite sous forme de larves sur les collets et les racines.

  • Quels soins apporter ?
Traitez les jeunes feuilles juste après la floraison, dès l’apparition des premiers pucerons, avec un insecticide spécifique portant la mention "Emploi autorisé dans les jardins".
Traiter au début de l’infestation et renouveler à chaque invasion.
Pour le puceron lanigère, dès l’apparition des premières colonies, badigeonnez-les au pinceau avec de l’alcool à brûler.
Avec un insecticide dit “de contact”, le traitement sera renouvelé 3 fois à trois jours d’intervalle.
Un insecticide systémique ne sera appliqué qu’ une fois en début d’infestation. Absorbé par le feuillage et véhiculé par la sève, le produit possède une efficacité variant de 3 à 6 semaines environ, suivant les fabricants.
Renouvelez les pulvérisations en juin et juillet en cas d’infestation importante.
Favorisez les auxiliaires (larves de coccinelles, syrphes, chrysopes). La coccinelles, véritable prédateur peut dévorer jusqu’à 150 pucerons par jour et débarrasser le jardinier de ces parasites.
PUCERONS ROSIERS 2
PUCERONS CERISER 2
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Les thrips

Ces petits insectes “Thysanoptères” passent souvent inaperçus. Les larves et les adultes, situés sous les feuilles piquent la plante.
Celle-ci prend souvent un aspect argenté. Il existe plusieurs espèces de thrips.
  • Biologie
L’espèce est polyphage, mais ne se nourrit pas pendant certains stades de sa vie. Elle attaque les arbres fruitiers (pêcher, prunier, pommier, vigne…), les plantes potagères (haricot, aubergine, poivron, fraisier, tomate…).
Elle se nourrit également aux dépends des fleurs cultivées (chrysanthème, cyclamen, oeillet, saintpaulia)
Le thrips vit de préférence dans les fleurs, mais aussi sur les pousses, les bourgeons (entre les écailles) et les fruits, tant en serre qu’en plein champ.Il s’établit sur les deux faces des feuilles, mais plus fréquemment à la face inférieure.
La reproduction de l’adulte qui mesure 0,9 à 1,1 mm de long est parthénogénétique ; les mâles sont en général peu nombreux. Leur longévité est variable selon les climats. La femelle, qui mesure de 1,3 à 1,4 mm peut, pendant sa vie, produire jusqu’à 40 oeufs de 0,2 mm de long, de couleur blanc perle, plus ou moins réniforme selon son degré d’évolution. Elle pond dans le végétal en les enfonçant un par un ; ceux-ci restent légèrement saillants.
La couleur des thrips est variable, du jaune-rougeâtre au marron-brun. Les populations hivernantes sont plus sombres. Les larves ont un corps jaunâtre, les yeux rougeâtre, à tous les stades.

  • Symptômes et dégâts
Les dégâts les plus graves sont dus aux blessures de ponte. Leur prise de nourriture cause des dommages, non pas tant par leurs piqûres que par la salive qu’ils injectent et qui provoque toute une série de réactions chez le végétal. Les tissus sur lesquels le thrips s’est alimenté prennent un aspect plombé et sont marqués de mouchetures ; ils sont fortement décolorés, surtout les pétales. Les infestations peuvent également entraîner une importante déformation des plantes-hôtes. Un petit
nombre d’individus suffit pour provoquer des dégâts notables. Certains thrips transmettent à diverses plantes le virus de la mosaïque bronzée de la tomate.

  • Quels soins apporter ?
- Détecter de façon précoce les insectes avant
leur enfouissement dans le sol ;
- Traiter avant la floraison réduit les risques
de brûlures des fleurs.
- En plein air et en début d'attaque, vous pouvez effectuer une pulvérisation d'un produit insecticide spécifique portant la mention "Emploi autorisé dans les jardins". Attention à l'accoutumance de ces produits.