Le Gui

Nos ancêtres surnommaient cette plante « celle qui guérit tout ». Les druides tranchaient le gui au solstice d’hiver, soit le 21 décembre, au moyen d’une faucille d’or qui symbolisait la lune. Le prêtre, vêtu d’une grande robe blanche, prononçait alors la phrase rituelle : « Ol Ghel an Heu » qui signifie « le blé germe ». On retrouve ici le symbolisme de la naissance du soleil et de la nature, figurés par le grain de blé. La signification de « O Ghel an Heu » se perd au Moyen Age mais donne naissance à la célèbre expression « Au gui l’an neuf » !

298 18048 boule de gui

 

Un parasite guérisseur

Il faut lever la tête pour apercevoir la plante dans certains fruitiers, mais aussi au faîte du peuplier, des aubépines, du sapin, du hêtre et bien sûr, du chêne. La propagation de cette plante est considérée comme un véritable fléau et due bien souvent aux grives et aux fauvettes à béret qui en sont friandes et qui, après digestion, répandent les graines d’arbres en arbres. C’est hémiparasite de la famille des Loranthacées produit sa chlorophylle et ses propres sucs. Dès que la température extérieure atteint 10°, la graine germe et se colle à l’arbre. La plante peut alors se développer grâce à son suçoir qui traverse l’écorce et atteint la sève dont elle se nourrit. Ses fruits sont ronds, blancs et visqueux, d’où son nom latin « Viscum album ». C’est en Europe une plante traditionnelle avec le houx, des fêtes de Noël et de fin d’année. On l’appelle aussi bois de Sainte Croix.


Cette plante aurait la particularité de tout guérir, entre autre l’épilepsie et l’hypertension. Elle agirait même sur le système immunitaire, les désordres nerveux, les maladies cardiaques, la digestion… Les fruits donnés par les touffes femelles sont de fausses baies globuleuses de 8 à 10 mm de diamètre, d’un blanc vitreux, charnues et visqueuses. La pulpe est constituée de viscine, substance collante qui contribue à la fixation des graines sur les branches des plantes-hôtes. Les fruits mûrissent entre août et décembre et ne germent qu’au printemps suivant.


La lutte contre le gui

Au point de fixation du gui, il se produit un affaiblissement mesurable de la partie située au-delà de ce point, partie qui finit à la longue par se dessécher. L’affaiblissement de l’arbre provoque d’autres attaques de parasites, champignons et insectes notamment. La lutte contre la prolifération du gui n’est pas facile. La plus connue est la méthode mécanique qui consiste à enlever les touffes de gui, mais n’est pas suffisante tant que ne sont pas extirpés les cordons corticaux qui peuvent émettre des bourgeons adventifs capables de créer de nouvelles touffes. Il faut tailler les branches assez largement avant le point de fixation, mais pas toujours aisé si le gui est implanté sur une branche maîtresse, voire sur le tronc. Aucun produit chimique n’existe actuellement pour contrôler le gui sans nuire à la plante hôte. La destruction chimique, notamment par l’injection dans le tronc de l’hôte d’herbicides systémiques, qui sont véhiculés par la sève, fait l’objet de recherche en vue de trouver des substances spécifiques. La prévention, par la sélection de cultivars naturellement résistants, est une voie de recherche prometteuse. En France, le gui figure sur la liste des organismes nuisibles dont la destruction peut être rendue obligatoire par arrêté préfectoral. Pourtant, nous n’oublierons pas d’accrocher cette boule végétale « porte-bonheur » pour le Nouvel An et à minuit tapant de s’embrasser sous le gui.