« Le châtaignier (Castanea sativa), mérite simplement notre reconnaissance, si ce n’est notre vénération : en effet, comme son surnom l’indique, il a aidé pendant longtemps nos ancêtres à subsister dans une nature parfois hostile. Partageant par ailleurs la dénomination d’arbre d’or avec le mûrier, objet éphémère de revenus séricicoles pour la population du midi, cet arbre a été tout le temps une source de nourriture de première importance pour les habitants collinéennes que sont les Cévennes et notamment les Cévennes méridionales des hauts cantons de l’Hérault ».
Quel bel hommage que celui-ci, rendu par Jean Parado, un chercheur scientifique, à ses ancêtres charpentiers, compagnons du Tour de France. En effet, les menuisiers, ou les ébénistes se servent du bois de châtaignier pour la finesse de son grain et la beauté de ses veines ; malheureusement devant la pénurie et le prix élevé de ce bois, les placages priment maintenant le bois massif. Originaire d’Asie Mineure, d’Arménie selon les uns, de Turquie selon d’autres, ou même présent sur notre territoire depuis l’ère tertiaire pour d’autres encore des pollens de châtaigniers ont en effet été trouvés en grande concentration dans les marnes tertiaires de Celleneuve, près de Montpellier). Historiquement, l’arbre serait arrivé chez nous via la Grèce et l’Italie dès le premier siècle après J.C. Il y prospère alors en choisissant ses terrains de prédilection en fonction de leur acidité (pH 4,8-5,5), de leur exposition, de leur altitude, mais surtout en fonction du climat : la température ambiante doit être chaude pour que la pollinisation se fasse dans d’excellentes conditions. Aussi, très sensibles aux grands froids. Il faut rappeler que les châtaigniers furent anéantis pendant les rudes hivers de 1685 dans les Cévennes ou 1709 en Limousin ou durement éprouvées en 1956. Malgré tout, les exigences du châtaignier sont assez souples et il s’accommode, dans certaines limites, des conditions écologiques ou pédologiques de l’endroit ou il a pris pied. Outre sa solidité et sa longévité, le châtaignier aurait l’avantage de chasser les araignées et autres insectes. La castanéiculture, déjà affaiblie par les ravages du gel des hivers peut entraîner des maladies comme le chancre de l’écorce « Endothia parasitica » et l’encre « Phytophtora cinnamomi Rands » (Voir ci-dessous : maladies du tronc et des branches). Des hybrides interspécifiques résistant aux attaques des maladies cryptogamiques apparaissent depuis quelque temps sur le marché : ils proviennent de croisements naturels entre « Castanea sativa et « Castenea crenata » (châtaignier japonais) ou « Castenea mollissima » (châtaignier chinois). L’INRA a mis au point d’autres hybrides remarquables, tels que le M 15. Débarrassée de sa bogue piquante, la châtaigne, sorte d’akène, se présente avec son enveloppe brune et brillante qui la protège du dessèchement : c’est le péricarpe, nommé également écorce ou première peau. La seconde peau est le « tan » (nom donné à cause des tanins qu’elle contient) ou encore « petite peau » : elle cache la partie nourricière du fruit, l’amande, de couleur éburnéenne tirant plus ou moins sur le jaune.
MALADIES DU CHATAIGNIER
Le chancre de l’écorce
Tenu pour responsable, un champignon du nom de « Endothia parasitica » qui est disséminé par les insectes, le vent ou les pluies. Le feuillage du châtaignier rougit puis se dessèche. Apparition de petites fentes sur l’écorce ainsi que des boursouflures. Lentement, l’arbre se meurt lorsque le chancre a ceinturé le tronc. Dès l’apparition de la maladie, il faut cureter les tissus pour retrouver du bois sain. Badigeonner un mastic arboricole anti chancre. Supprimer les branches atteintes et les brûler.
Maladie de l'encre
Responsables, trois champignons qui sévissent sur ce type d’arbre : « le Phytophtora cambivora, P. Cinnamomi, P.cactorum ». La partie supérieure de l’arbre est complètement dégarnie, le feuillage se flétrit, les branches meurent. Un liquide noir s’écoule à la base du tronc. On interviendra dès les premiers signes de la maladie ou à titre préventif en arrosant une à deux fois à la fin de l’hiver avec un produit à base de « Phoséthyl aluminium »
Le bombyx disparate
Responsables, des chenilles d’un papillon du nom de « Lymantria dispar » qui peut engendrer plus de 200 œufs sur les rameaux qui naîtront au printemps. Les chenilles présentes sur les feuilles mesurent plus de 5 cm de longueur, un corps gris violet et une tête brune. Les dégâts sur les feuillages est souvent important. On interviendra dès le début du printemps en pulvérisant un insecticide à base de « Phosélone D’autres ravageurs peuvent intervenir sur les châtaigniers. Nous citerons : la tordeuse du châtaignier, les balanins des châtaignes, le carcocapse…